Que vaut le premier SUV électrique de la marque à l'étoile ? Réponse dans cet essai !

Les constructeurs automobiles passent les uns après les autres à l'électrique. Après Audi qui a récemment lancé son e-tron, c'est au tour de Mercedes-Benz de commercialiser sa première voiture 100 % électrique. Elle inaugure la nouvelle gamme EQ, qui sera étendue avec l'arrivée de nouveaux modèles.
Pour essayer le véhicule électrique de Mercedes-Benz, nous avons pris la route de Milan (Italie) pour rejoindre Zurich (Suisse). Nous avons fait beaucoup de kilomètres que ce soit sur autoroute, en montagne ainsi qu'en milieu urbain pour juger du comportement routier de l'EQC et de son autonomie.

Essai Mercedes-Benz EQC
Essai Mercedes-Benz EQC

L'EQC est indéniablement une Mercedes-Benz

Par le passé, lorsqu'il fallait développer une voiture électrique, les marques avaient pour habitude d'imaginer un design trop futuriste et pas franchement plaisant à regarder. D'autres, ne convertissaient qu'un modèle thermique en électrique. Aujourd'hui, les véhicules électriques sont des modèles à part entière. Ils sont dessinés et pensés comme des véhicules électriques avec tous leurs avantages et contraintes techniques.

L'EQC est un tout nouveau SUV, et même s'il est électrique, Mercedes-Benz ne l'a pas trop différencié du reste de sa gamme. Les formes, les lignes, les proportions sont autant de signes qui ne trompent pas. On reconnaît assez facilement l'identité du constructeur lorsque nous sommes face à l'EQC, mais il intrigue, avec sa face avant sur laquelle figure un masque noir (du jamais vu chez Mercedes) et sa face arrière, qui avouons-le, rappelle une Porsche.

Difficile au premier coup d’œil de savoir que l'EQC est électrique. Mais il est trahit par l’absence de sorties d'échappement. Sans parler du fait qu'il n'émet aucun bruit... Ne vous inquiétez pas, car même si l'EQC est muet, il sait se faire remarquer avec sa carrure de 4774 mm de long et 1884 mm de large.

Essai Mercedes-Benz EQC

Une autre façon de rouler

Comme tout véhicule électrique, rouler à bord de l'EQC force le conducteur à changer ses habitudes. L'autonomie est un paramètre stressogène, il l'est d'autant plus lorsqu'on entreprend de rouler sur de longues distances. En temps normal, lorsque vous faites le plein d'essence et que vous prenez la route pendant plusieurs heures, vous n'avez pas systématiquement le regard fixé sur la jauge d'essence. Avec l'EQC, comme avec tous véhicules électriques, cela ne peut pas fonctionner et oblige le conducteur à éradiquer cette (mauvaise) habitude.

En prenant le véhicule à l'aéroport de Milan, nous avons oublié de nous arrêter à une borne Ionity située en Suisse, juste après la frontière avec l'Italie. Nous avons continué de rouler sur plusieurs kilomètres, avant de nous apercevoir que l'autonomie restante ne suffira jamais pour atteindre notre lieu de rendez-vous.

Mercedes-Benz EQC
Mercedes-Benz EQC

Fort heureusement, grâce au système multimédia de l'EQC, nous avons trouvé une autre borne à quelques kilomètres de notre position qui délivre une puissance allant jusqu'à 140 kW. Nous avons pu récupérer 100 % d'autonomie en un peu plus de 50 minutes (lorsque la batterie retrouve 80 % de son autonomie, la puissance délivrée par la borne diminue), ce qui nous a paru un peu long.

Cette mésaventure nous a permis de mieux nous familiariser avec l'EQC, qui via son écran de 10,25 pouces, informe le conducteur sur l'état des bornes, leur disponibilité, les types de prises proposées ainsi que des niveaux de puissances délivrées. L'EQC peut recharger sa batterie de 80 kWh de 10 à 80 % en un peu plus de 40 minutes, encore faut-il le brancher à une borne de 110 kW. Autrement, sur une wallbox de 7,4 kW par exemple, le temps de recharge est d'un peu plus de 10 heures, pire, la recharge complète nécessite 40 heures d'arrêt lorsque la voiture est branchée à une prise de 2,3 kW (celle que vous avez à la maison).

Mercedes-Benz EQC

À la montagne !

Une fois la longue portion d'autoroute terminée, nous nous attaquions aux routes de montagne. Pour escalader jusqu'en haut du sommet, il fallut accélérer à plusieurs reprises. Comme vous vous en doutez, forcément, l'autonomie du véhicule a chuté de manière drastique. Alors que nous sommes partis avec une autonomie estimée à 380 km, nous sommes arrivés à notre destination intermédiaire (au sommet de la montagne) avec un peu plus de 220 km d'autonomie restante (nous avons roulé une vingtaine de kilomètres).

Cette partie du trajet nous a permis de mieux tester l'EQC, qui avec ses deux moteurs électriques de 408 ch et de 760 Nm de couple, vous propulse de 0 à 100 km/h en 5,1 secondes. Dès que l'on effleure la pédale de droite, le couple vient instantanément et l'accélération se fait de manière très musclée, surtout en mode Sport. Malgré un poids en ordre de marche de plus de 2,4 T, l'EQC se comporte bien dans les virages avec un roulis bien maîtrisé et un confort de conduite très appréciable. Les courbes serrées sont avalées assez facilement, le comportement et les reprises franches lui facilitent grandement la tâche.

Mercedes-Benz EQC
Mercedes-Benz EQC

Maintenant, il faut redescendre, et c'est là où l'EQC brille. Comme on vous le disait un peu plus haut, au sommet de la montagne, l'autonomie restante était de 220 km. Environ 50 km plus bas, le tableau de bord nous annonçait une autonomie estimée à 212 km ! Cela peut paraître étonnant voire magique, et pourtant. Le Mercedes EQC dispose d'un système de récupération d'énergie dont l'intensité varie selon le mode sélectionné via les palettes au volant. Nous avons choisi le mode D--, celui qui permet de récupérer le maximum d'énergie lorsqu'on lève le pied de l'accélérateur. La voiture 'freine' automatiquement jusqu'à atteindre une vitesse suffisante pour que nous puissions négocier les virages. Il n'est pas ou rarement nécessaire d'appuyer sur le frein, la voiture le fait pour vous afin de récupérer l'énergie cinétique qu'elle transforme et stocke dans sa batterie. Cela est bon pour l'autonomie !

Mercedes-Benz EQC


En milieu urbain, l'EQC est parfois difficile à manœuvrer à cause de son gabarit, surtout dans les parkings. À l'arrêt, puis en mettant le pied sur l'accélérateur, nous sommes scotchés aux sièges, la poussée est toujours aussi surprenante. Seul petit bémol, la pédale de frein que nous avons trouvée un peu spongieuse. Elle manque de consistance, et il ne faut pas hésiter à l'écraser pour avoir un mordant optimal.

Les tarifs

Le Mercedes-Benz a un prix. Pour rouler au volant de la véritable première voiture électrique de Mercedes-Benz, il faudra débourser 79'249 euros (EQC 400 4Matic AMG Line). La série spéciale 1886 est quant à elle vendue à 92'450 euros, elle embarque plus d'équipements que la version standard.

 
Points positifs Points négatifs
Douceur de conduite Sensation de poids dans les virages et lors des freinages
Accélérations franches  Réseau rapide encore peu développé
Intérieur haut de gamme  

Mercedes-Benz EQC

Motorisation Moteur asynchrone
Batterie Lithium-ion 80 kWh
Distance en mode électrique 374 - 414 km (WLTP)
Type de charge AC (7,4 kW) et DC (110 kW)
Temps de charge 40 min (10-80%) en DC sur prise CCS
Transmission Automatique pour propulsion électrique
Type de transmission Intégrale
Puissance 408 ch
Couple maximum 760 Nm
0-100 km/h 5,1 secondes
Vitesse maximum 180 km/h
Longueur 4774 mm
Largeur 1884 mm
Hauteur 1622 mm
Poids + 2,4 T
Volume de coffre 500 L
Places 5
En vente 2019
Prix de base 79'249 euros

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