Le quadruple Champion du monde de Formule 1, Sebastian Vettel, s'est engagé à soutenir le parti écologiste en Allemagne.

La Formule 1 et l'écologie ne font pas bon ménage. Bien que la discipline motorisée la plus connue au monde ait fait un premier pas vers l'électrique en introduisant des moteurs hybrides en 2014, son empreinte carbone est encore élevée : cargos et camions pour transporter les voitures aux quatre coins du monde, pneumatiques à durée de vie limitée, consommation de carburant d'environ 45 litres/100 km, etc.

Pourtant, un pilote a décidé de se faire l'avocat du développement durable. Et il ne s'agit pas de n'importe qui : Sebastian Vettel, vainqueur de 53 Grands Prix et de quatre Championnats du monde. Dans une longue entrevue accordée à Der Spiegel, le pilote allemand a entre autres évoqué les enjeux de la transition écologique et le rôle que la Formule 1 doit jouer pour sensibiliser le public.

L'ancien pilote Ferrari a également décrit son quotidien et ses nouvelles habitudes plus soucieuses de l'environnement. Par exemple son garage, autrefois constitué de magnifiques supercars à essence, comporte désormais des véhicules électriques ! 

"La voiture de ma femme et la mienne sont 100% électriques", a-t-il expliqué. "Pour les voyages en famille, nous avons encore un minibus, ce qui est très pratique avec nos trois enfants. Nous avons une installation photovoltaïque sur le toit pour produire notre propre électricité, du moins pendant la journée. Il y a plusieurs années, j'ai changé de fournisseur pour passer à une énergie 100% renouvelable."

Vettel milite pour la limitation

Au mois de septembre se tiendront en Allemagne les élections fédérales, permettant de renouveler les membres de l'assemblée et d'élire un nouveau chancelier. En 2017, Les Verts (Die Grünen) avaient obtenu 67 sièges. Quatre ans plus tard, le parti écologiste occupe la tête des sondages et parmi leurs futurs électeurs, on trouve Sebastian Vettel.

"En ce moment, presque tous les partis parlent du climat dans leur programme. La question est de savoir qui fera vraiment quelque chose. Nous devrions voter pour un gouvernement qui défend le plus ces principes et ces valeurs. Oui, je vais voter Les Verts."

L'Autobahn est dans le viseur du parti depuis plusieurs années. Si le prochain chancelier allemand venait à être écologiste, il pourrait mettre en place une limitation de vitesse sur l'ensemble du réseau et pour toutes les catégories de véhicules. Une décision qui ne choque absolument pas Vettel.

"L'époque où l'on pouvait vraiment aller vite sur l'autoroute est révolue. On a l'impression que la moitié du réseau est en chantier et que l'autre est tellement bouchée qu'il est impossible de rouler vite. Je pense même que nous serions mieux lotis si des limitations de vitesse de 120 ou 130 km/h étaient introduites, le trafic serait alors beaucoup plus fluide."

Un quadruple Champion du monde d'une discipline polluante qui vote pour un parti écologiste, voilà quelque chose d'étrange ! Bien qu'il se soit premièrement considéré comme "hypocrite" compte tenu de sa profession, Vettel a fini par utiliser l'exposition mondiale de la F1 à bon escient. Ainsi, au Grand Prix de France, l'Allemand a été vu avec un t-shirt portant le message "justice climatique, maintenant".

Sebastian Vettel

Multiplier les alternatives

Au sein de l'industrie automobile, de plus en plus de constructeurs délaissent le moteur à combustion interne au profit du groupe propulseur électrique. En Allemagne, Audi a annoncé que la production de modèles à moteur thermique cessera en 2033. Cependant, Vettel estime que les véhicules électriques ne doivent pas devenir le seul cheval de bataille des grands constructeurs et qu'il faut envisager d'autres solutions.

"Il y a environ un milliard de voitures diesel ou essence dans le monde", a-t-il indiqué. "Il ne sera pas possible de les remplacer du jour au lendemain. Il serait donc souhaitable de trouver un moyen de faire fonctionner ces voitures sans nuire à l'environnement. Je sais que les carburants synthétiques n'en sont qu'au début de leur développement, que cela prend du temps, qu'ils sont chers. Mais si personne n'accélère ce développement, ils resteront toujours aussi chers..."

"Comme pour tout dans la vie, il ne faut pas miser sur un seul cheval. Nous ne devons pas regarder uniquement l'Allemagne. Il faut prendre en compte les régions où l'abandon du moteur à combustion interne ne peut pas se faire aussi rapidement. Qui va construire des stations de recharge en Afrique ou en Amérique du Sud en si peu de temps ? Et qu'en est-il des camions, des bateaux et des avions ? Il est impossible de prévoir quand ils pourront fonctionner à l'électricité. Nous avons donc besoin d'alternatives. Et la F1 est un choix évident pour [servir de laboratoire]."