Mais sur les carburants de synthèse.

Les directives gouvernementales de plusieurs pays d'Europe ne laissent pas trop le choix aux constructeurs, qui doivent adapter leur industrie et leur production dès maintenant pour être prêts à passer au tout électrique en 2030, date à laquelle les ventes de voitures à moteurs thermiques et hybrides seront interdites dans l'Union européenne. Pour les marques de supercars, qui développent moins de modèles et construisent moins d'unités, la philosophie n'est pas la même.

C'est le cas de McLaren, qui se lance aujourd'hui dans l'hybride avec la Speedtail ainsi qu'un nouveau modèle, à moteur V6, qui sera présenté cet été. Les deux voitures font suite à la P1, elle aussi hybride, qui avait vu le jour en 2013. Mais si elle n'a aucun problème avec l'hybride, la firme de Woking en a davantage avec l'électrique. Non pas que McLaren y soit spécialement fermé, mais simplement que les coûts de développement seraient bien moindres avec d'autres technologies jugées intéressantes sur le plan de la performance, mais aussi pour l'environnement.

"La technologie autour des carburants synthétiques est toujours en développement, mais si vous considérez que ça peut être produit en utilisant de l'énergie solaire, facilement transporté puis mis dans les voitures telles que nous les connaissons aujourd'hui, il y a un potentiel bénéfique en termes d'émissions et d'ergonomie que je suis prêt à explorer", a déclaré Jens Ludmann, directeur de McLaren. 

"Les moteurs actuels n'auraient besoin que de petites modifications, et j'aimerais voir cette technologie être davantage mise en avant. Il est difficile de dire à quel point les carburants synthétiques sont loin d'atteindre la réalité de la production, alors que la technologie avec batteries est là. Il faut aussi avoir le potentiel pour combiner les carburants synthétiques et un système hybride, qui serait encore plus propre."

La question de la vitesse du développement est en effet posée, alors que la F1 cherche également à conserver un moteur thermique tout en réduisant les émissions grâce à cette technologie. Mais Ludmann juge qu'elle n'est pas incompatible avec l'arrivée massive de voitures électriques : "Je n'essaie pas de ralentir les technologies avec batterie, mais plutôt de souligner qu'il pourrait y avoir des alternatives valides que nous pourrions considérer."