Les sous-sols du département en seraient chargés !

Les détracteurs de la voiture électrique utilisent souvent la pollution liée à l'extraction des métaux rares, et en particulier du lithium qui sert dans les batteries, comme argument contre le passage à une technologie 'zéro émission'. En effet, celui-ci se fait souvent dans des régions lointaines comme l'Amérique du Sud et la Chine, pollue, et met parfois à contribution le travail des enfants, sauf dans quelques cas rares, à l'image des téléphones mobiles Fairphone, qui sont les seuls smartphones à ne pas présenter un bilan catastrophique à ce niveau. Mais cela pourrait toutefois changer, si l'on en croit le diagnostic des sociétés ES (Électricité de Strasbourg) et Fonroche Géothermie.

Selon elles, le sous-sol de plusieurs sites en Alsace renferme du lithium à un niveau significatif. La découverte a été effectuée par ces deux énergéticiens qui projettent de construire des centrales de géothermie profonde, et Fonroche révèle que "les analyses dans les eaux extraites des puits de forage confirment la présence de lithium en qualité et quantité très prometteuse permettant d'envisager la production annuelle de quelque 1 500 tonnes de lithium".

Un volume qui représente, toujours selon Fonroche Géothermie, 10 % des besoins annuels d'approvisionnement, estimés pour la France, uniquement sur ces terrains : "Sur la base de trois centrales programmées en Alsace, Fonroche Géothermie pourrait donc fournir 30 % à 40 % de l'ensemble de la demande industrielle française en lithium à partir de 2023". Un chiffre qui serait donc atteignable de manière simple et relativement rapide, et qui permettrait d'avoir "un très faible impact environnemental".

La première étape serait d'implanter en 2021 un système appelé 'démonstrateur', qui permettrait de confirmer que le chlorure de lithium prélevé est bon pour être traité et utilisé. C'est le groupe minier Eramet qui mènera les essais, soutenu par un consortium comprenant notamment ES et le groupe PSA. Le directeur du développement de la société ES, Bernard Kempf, espère une production industrielle en 2025 mais tempère les attentes face à ce projet : "Notre devoir est de rester prudents, le chemin est encore long."