Douze ans plus tôt que ce qui est prévu !

Le rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) publié en octobre 2018 faisait état de la nécessité de contenir le réchauffement climatique à seulement 1,5 degré pour permettre la survie de certains écosystèmes, le maintien d'une biodiversité importante, et éviter une montée des eaux trop importante. Pour cela, le rapport était clair, il faudra réduire les émissions de CO2 de 45 % en 2030 par rapport à ce qu'elles étaient en 2010, sans quoi le réchauffement pourrait atteindre 5 à 7 degrés supplémentaires de moyenne d'ici 2100.

Le dérèglement climatique est provoqué majoritairement par l'industrie, par l'agriculture intensive et par les transports. Ce dernier secteur peut être divisé par deux puisque l'on retrouve d'un côté les transports longue distance, comme les avions ou les bateaux - notamment les cargos - et de l'autre l'automobile, qui est aujourd'hui un secteur ultra-polluant, avec près de 30 tonnes de CO2 rejeté pour chaque voiture thermique mise en circulation. Sur une échelle annuelle, le marché de l'automobile représente 4,8 gigatonnes de CO2 rejeté, ce qui pourrait être réduit, en passant à du 100 % électrique, à moins de deux gigatonnes en comptant la construction. Ces chiffres ont poussé bon nombre de gouvernements à viser la neutralité carbone, ce qui implique l'arrêt de la commercialisation de voitures thermiques dans les décennies à venir, généralement entre 2030 et 2040.

Anticiper de 12 à 15 ans le calendrier

Une étude menée par Greenpeace révèle toutefois, de manière plus inquiétante, que les véhicules utilisant des carburants fossiles devront être abandonnés bien plus tôt que l'échéance mise en place en France, qui se situe en 2040, mais plutôt y réfléchir pour 2028. Précisément, l'ONG met en lumière le fait qu'il faudrait abandonner les véhicules 100 % thermiques en 2025 et les voitures hybrides et hybrides rechargeables en 2028, date à laquelle les constructeurs ne devraient vendre que du 'zéro émission'.

Outre le rôle joué par la multiplication des SUV dans l'augmentation des émissions polluantes, Greenpeace alerte sur le décalage entre les données théoriques enregistrées à l'homologation, et la réalité qui est souvent beaucoup moins flatteuse, et qui fait de l'automobile - et le moteur thermique en particulier - une menace plus importante que ce que ne laissent penser les chiffres avancés en théorie. Un écart qui culmine lors de l'homologation des véhicules hybrides rechargeables, qui sont capables de descendre très bas lors de leur homologation WLTP et ne parviennent jamais à retrouver de telles données en conditions normales.

Pour toutes ces raisons, Greenpeace craint que l'objectif de maintenir le réchauffement climatique au-dessus de 1,5 degré ne soit pas atteint, et assure que seul un abandon plus rapide que prévu de la vente de véhicules thermiques pourra aider à contenir ce dérèglement. Bien évidemment, agir sur le secteur de l'automobile n'est pas la seule chose à faire, mais celui-ci a des responsabilités à prendre en ce sens et doit participer à un effort global pour sauver ce qui peut l'être.

Source : Greenpeace

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