Le leader du championnat, dont le titre reste menacé, est en colère.

Jean-Éric Vergne était en position idéale pour remporter le titre de Formule E ce samedi, avec 32 points d'avance sur son plus proche rival et 29 unités à prendre ce dimanche, mais rien ne s'est passé comme prévu lors de cette première manche de l'E-Prix de New York.

Dixième sur la grille de départ, Vergne a rétrogradé au 13e rang au premier tour avant d'être pris dans deux carambolages qui l'ont privé de points précieux. Le Français ne mâche pas ses mots, qualifiant cette course de "terrible pour le sport auto".

"Les standards de pilotage ont été très mauvais aujourd'hui [samedi, ndlr]", déclare-t-il à InsideEVs. "On aurait cru que c'était une course de karting de location. Tant de contacts, ce n'est pas beau à voir. Ce n'est pas de la monoplace, ce n'est pas une belle façon de faire la course. Horrible. J'ai vu des gars faire des choses stupides. Je suis très surpris : quand j'étais en fond de peloton, j'ai vu des gars freiner au dernier moment et percuter ceux de devant à l'épingle. Je ne comprends pas ce qui s'est passé aujourd'hui, c'était fou."

DS Techeetah porte réclamation contre Di Grassi

Le premier carambolage a eu lieu au deuxième tour, lorsque José María López est parti en tête-à-queue suite à un contact avec Sam Bird. Derrière eux s'ensuivait le chaos, Gary Paffett ayant été percuté par Vergne, lui-même heurté par son coéquipier André Lotterer, alors que l'Allemand a subi un choc avec Lucas di Grassi, principal rival de Vergne pour le titre. Les deux DS Techeetah ont dû rentrer au stand pour effectuer des réparations.

Or, l'écurie franco-chinoise a porté réclamation contre Di Grassi, l'accusant d'avoir "continuellement poussé la voiture #36, celle de Lotterer, jusqu'à ce qu'elle parte en tête-à-queue". Les commissaires n'ont pas donné suite, maintenant leur verdict initial : Bird est considéré comme l'unique responsable de l'incident et de ses conséquences "inévitables". Rappelons que le pilote Envision Virgin a reçu dix secondes de pénalité, rétrogradant de la sixième à la huitième place à l'arrivée.

Vergne et Massa se rejettent la faute

Après ce premier carambolage, Vergne a repris la piste au 21e rang mais a réalisé une course de toute beauté, avec de nombreux dépassements, pour remonter à la dixième place. Il se battait pour la neuvième position avec Felipe Massa lorsque les deux hommes se sont accrochés dans l'avant-dernier tour, le Brésilien ne semblant pas laisser suffisamment de place à son rival à l'intérieur du virage 2. Massa a ensuite été percuté par Jérôme d'Ambrosio, qui est passé en force malgré lui en décollant sur les monoplaces à l'arrêt après avoir été heurté par André Lotterer, tandis que Vergne a subi un contact avec Stoffel Vandoorne. Les commissaires ont décidé de ne pénaliser aucun des protagonistes.

"J'ai essayé de le doubler, donc il a fermé la porte", analyse le Francilien. "Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête, mais il m'a complètement tassé dans le mur, il est resté sur sa trajectoire, il ne m'a laissé aucune place." Massa renchérit : "Il a tenté une manœuvre kamikaze au freinage à la fin de la principale ligne droite. Quand je l'ai vu arriver, je savais qu'il n'allait pas pouvoir ralentir à temps. En fin de compte, cela a provoqué un énorme accident. Il a détruit ma course et détruit son championnat aujourd'hui."

Vergne a finalement franchi la ligne d'arrivée au 15e rang et a vu son compteur rester bloqué à 130 points, tandis que Lucas di Grassi, Mitch Evans et Sébastien Buemi restent mathématiquement en lice pour le titre, mais tous ont besoin d'au moins une victoire tout en espérant une contre-performance du leader ce dimanche.

"J'ai une bonne avance, une bonne voiture. Cela aurait été bien de concrétiser aujourd'hui, mais il faut que je le fasse demain. C'est aussi simple que ça", conclut Vergne.

Avec Alex Kalinauckas