La stratégie de BMW autour de l'électrification de sa gamme devient encore un peu plus floue.

Tous les grands constructeurs s'attellent à développer une gamme électrifiée. Certains misent tout sur le 100 % électrique, d'autres sur l'hybride rechargeable ou alors plus souvent les deux en même temps. Mais d'une manière générale les constructeurs se cherchent et tentent de construire une gamme cohérente en adéquation avec leur image. Du côté de chez BMW par exemple, il existe des versions hybrides rechargeables des Série 3 et Série 5 pour ne citer qu'elles, une BMW i8 elle aussi hybride rechargeable et une i3 qui est une 100 % électrique. Vous l'aurez compris, ou non d'ailleurs, dans la gamme "classique" il y a des déclinaisons électrifiées qui ne s'intègrent pas à la gamme BMW i. Mais tout cela devrait prochainement prendre une autre tournure puisque Klaus Fröhlich, l'homme en charge du développement chez BMW a annoncé lors d'une interview à Carsales"Il n’y aura pas de remplaçante directe pour l’i3 et pas de remplaçante directe pour l’i8".

Ça ne peut pas être plus clair mais c'est toutefois assez étonnant pour la i3 qui ne passera pas le cap de la seconde génération. En effet, avec pas moins de 150'000 unités vendues depuis son lancement, elle a plutôt rencontré un joli succès pour une voiture au parti pris assez fort. Cela ne signifie pas la fin de l'électrique chez BMW, bien au contraire, puisque la gamme BMW i va s'étoffer dès l'année prochaine avec un premier SUV 100 % électrique, le iX3. En 2021, se sera au tour d'une berline baptisée i4. Concernant la BMW i8, qui est aussi le porte-étendard de la gamme, sa non reconduction étonne un peu moins que la i3. Ça laissera surtout une place pour les futurs modèles sportifs de BMW M qui bénéficieront tous d'une hybridation.

Le tout électrique loin d'être en odeur de sainteté chez BMW ?

"À compter des années 2020, les BMW M seront équipées de groupes motopropulseurs à assistance électrique, principalement pour des raisons de performance" précise Klaus Fröhlich. "Si vous faites une voiture de sport purement électrique, vous avez besoin d’une batterie si grosse qu’il s’agirait d’une voiture de 2,1 ou 2,2 tonnes pour atteindre 600 chevaux. Et ces voitures de 2,1 à 2,2 tonnes ne se comportent pas bien sur le Nürburgring". Comme énoncé au sein d'un précédent sujet, BMW émet quelques réticences concernant les voitures 100 % électriques et juge l'hybride rechargeable plus prometteur : "En vérité, il n’y a pas de demande de véhicules électriques de la part de la clientèle européenne" juge Klaus Fröhlich. "Ce sont des voitures très chères et les européens ne voudront en acheter uniquement en fonction des aides gouvernementales. En Allemagne, rouler en électrique devient plus coûteux que de rouler au diesel, au vu de la dynamique des prix de l’énergie. Sans même parler du manque d’infrastructure qui est un vrai frein à la demande".

La démarche peut surprendre effectivement puisque BMW est l'un des premiers gros constructeurs a émettre de vraies réticences concernant le tout électrique. On peut effectivement comprendre les arguments de la marque étant donné qu'il n'y a pas vraiment de transition entre le thermique et l'électrique, le législateur imposant sa vision des choses sans même vraiment quantifier la faisabilité de leurs attentes. Certains constructeurs comme Volkswagen, le groupe PSA ou encore Nissan s'attellent à développer une vraie gamme 100 % électrique, mais qu'en sera-t-il quand le marché sera abreuvé de ces modèles à court terme ? BMW semble plutôt prendre du recul face à la furie électrique qui s'empare du législateur, mais attention, le vent peut aussi rapidement tourner.

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