Les Brésiliens persistent et signent !

Aux grands maux, les grands remèdes. Voilà comment pourraient se justifier les commissaires de la FIA, qui ont décidé de réinitialiser le classement de l'E-Prix de Suisse, interrompu après un carambolage survenu dès le premier virage de la course, une étroite chicane, située avant la ligne de chronométrage qui allait lancer officiellement le premier tour.

Seuls Jean-Éric Vergne, Mitch Evans et Sébastien Buemi ont franchi l'obstacle sans encontre, les 19 autres concurrents se retrouvant ensuite bloqués dans un immense embouteillage... où certains ont particulièrement tiré son épingle du jeu en coupant le virage après des qualifications manquées, comme Lucas di Grassi, passé de la 19e à la huitième place !

Cependant, les commissaires ont appliqué à la lettre la règle indiquant qu'il fallait prendre en compte le dernier classement dans lequel la position de l'intégralité des voitures était établie... soit la grille de départ, puisque nombre d'entre elles n'ont jamais franchi une ligne de chronométrage avant l'incident.

"C'est super injuste !" s'exclame di Grassi pour InsideEVs. "Car je n'ai jamais vu un sport où quelqu'un provoque un accident, puis est autorisé à rentrer au stand, à réparer sa voiture, à reprendre le départ et à avoir une seconde chance. Bien que le règlement le permette, la moitié de la grille a franchi la ligne d'arrivée avant le drapeau rouge – 11 voitures. J'ai trouvé ça injuste de réinitialiser la grille à partir de l'ordre de départ. Et je le pense toujours."

Felipe Massa, qui était dans une situation similaire, exprime une opinion similaire à celle de son compatriote et nous révèle qu'il compte soulever le sujet auprès de la FIA. "C'est complètement inacceptable", juge-t-il. "À mon avis, ce n'est pas du sport auto. Il y a eu le départ [et l'incident] au premier virage, et cela fait partie de la course. Les accidents, ça arrive. Si ça se produit et que l'on n'est pas impliqué, tant mieux pour soi. Je ne dis pas ça parce que je suis passé de la 12e à la quatrième place, je dis que cela fait partie de la course."

"Quand on arrive là, on dépasse et j'ai utilisé beaucoup [d'énergie] dans le premier tour, j'attaquais fort. Les voitures qui étaient complètement endommagées et ne pouvaient pas continuer, elles ont fait leur tour avec le limiteur de vitesse et avaient un tour de plus que moi en matière de batterie. Puis ils leur donnent les places ! Ce n'est pas du sport auto. Je ne suis pas favorable à ça."

La FIA a confirmé à InsideEVs qu'elle devait déterminer la position de toutes les voitures pour le restart, et donc trouver un point avant l'accident, pusique plusieurs concurrents n'ont ensuite pas pu repartir par leurs propres moyens.

"Dans le cas de Berne, le seul chronométrage que nous avions avant l'incident du virage 12 [qui était le premier virage de la course] était un capteur pour la réalisation TV, très près des feux de départ", indique Scot Elkins, directeur de course. "Nous avons passé en revue le classement à cet endroit-là, mais les données ne nous ont pas permis de déterminer la position de toutes les voitures. Par conséquent, et compte tenu du fait que nous n'avons pas fini le premier tour, l'ordre a été déterminé par celui de la grille de départ pour le restart."

Pendant l'interruption au drapeau rouge, un groupe de pilotes s'est d'ailleurs querellé avec un commissaire au sujet de cette décision, parmi lesquels on retrouvait Felipe Massa mais aussi Lucas di Grassi et António Félix da Costa, deux candidats au titre qui avaient bon espoir de limiter la casse face au leader du championnat Jean-Éric Vergne, poleman et finalement vainqueur de la course. Selon les informations d'InsideEVs, la FIA a examiné cette dispute, laquelle fera l'objet d'une nouvelle analyse à l'occasion de l'E-Prix de New York.

Avec Alex Kalinauckas