Le Français a résisté par tous les moyens pour remporter l'E-Prix de Suisse.

Tout au long de cette première course de Formule E à Berne, c'est un duel sans merci que se sont livré Jean-Éric Vergne et Mitch Evans pour la victoire. Ces deux hommes ont signé les deux seuls chronos en 1'18 du week-end – le Néo-Zélandais lors de la phase de groupes des qualifications, son rival en Super Pole –, et Evans a harcelé Vergne sans relâche, toutefois sans trouver l'ouverture grâce à la défense impeccable du Français. Le mode attaque n'a pas apporté les opportunités espérées, sa zone d'activation étant alors située en pleine ligne droite pour une perte de temps quasi nulle.

"Je faisais absolument tout pour tenter de le pousser à la faute", relate Evans pour InsideEVs. "Aux virages 3 et 6, j'essayais de compromettre son accélération pour la ligne droite afin de décroiser, mais ça ne s'est pas concrétisé. Il couvrait bien et, surtout après le Safety Car et le Full Course Yellow, il n'y avait pas vraiment assez d'économie d'énergie [nécessaire]."

"Nous avions clairement la voiture la plus rapide, nous étions très rapides aujourd'hui. J'avais un rythme de croisière derrière lui, je sous-consommais l'énergie, ce qui était une très bonne situation. Mais l'attack mode, sans véritable perte de temps [pour l'activer], l'a sûrement sauvé. S'il y avait eu une autre situation comme Rome, ou peut-être une perte d'une ou deux secondes [pour activer le mode attaque], ç'aurait été une autre histoire."

À Rome, Evans était effectivement parvenu à s'emparer de la première place aux dépens d'André Lotterer, qui ne pouvait pas se permettre d'employer le mode attaque au risque de se faire doubler d'office. Un dépassement musclé avait alors fait l'affaire, mais il était impossible de réitérer cette tactique en Suisse.

Evans s'est donc contenté d'activer le mode attaque un tour avant Vergne et Sébastien Buemi, qui occupait la troisième place. "C'est tout ce que l'on peut vraiment faire", souligne le pilote Jaguar. "S'il y a une perte de temps, on peut faire jouer ça avec un chassé-croisé. Si je l'avais activé en étant juste derrière sa boîte de vitesses et qu'il avait dû l'activer en perdant une seconde, il était piégé."

"Pendant toute la période de l'attack mode, s'il est piégé et ne peut pas l'activer, il y a davantage d'options stratégiques. Là, il fallait juste qu'il défende pendant un tour, survive, me couvre. C'est dommage, mais c'est comme ça. J'aurais peut-être pu être un peu plus agressif, mais j'étais content de mon approche. C'était une bataille propre, une bonne bataille."

Evans conclut que cette deuxième place prouve que la victoire de Rome, sa première et la première de Jaguar en Formule E également, n'était pas un coup de chance.

Propos recueillis par Tom Errington