Un avenir qui s'est fortement compliqué en raison des conflits de date pour la saison 2019-20.

Pour la saison 2019-20 de Formule E et du Championnat du monde d'Endurance, certains pilotes vont devoir faire des choix, car ils sont nombreux à être engagés dans les DEUX compétitions, avec trois conflits de date lors de la campagne à venir. À commencer par José María López et Sébastien Buemi, qui courent pour Toyota, seul grand constructeur engagé en LMP1, tout en évoluant chez Dragon Racing et Nissan e.dams dans le championnat tout électrique.

Comme l'indique López à InsideEVs, sa situation est claire : "Mon programme prioritaire est Toyota. J'ai un contrat avec Toyota pour l'an prochain et toutes les courses. J'ai par ailleurs l'intention de continuer en Formule E."

Buemi, de son côté, espère profiter du fait que Toyota dispose d'un pilote de réserve de luxe en la personne de Thomas Laurent et que les courses de six heures ne requèrent pas forcément trois pilotes, même si la marque japonaise n'avait pas fait de concession pour les 6 Heures du Nürburgring 2017, qui clashaient avec l'E-Prix de New York. De plus, selon nos informations, Toyota a la priorité sur le Suisse pour les deux courses de huit heures concernées, à Bahreïn et à Sebring.

Sam Bird, quant à lui, a déjà exprimé sa frustration à ce sujet, courant actuellement pour Envision Virgin Racing en Formule E et AF Corse (qui gère le programme Ferrari) en WEC. Lorsque nous lui demandons quel championnat aura la priorité si aucune solution n'est trouvée au niveau du calendrier, un Bird abattu répond : "Je ne porterai plus le rouge de Ferrari." Un porte-parole de la marque au cheval cabré nous fait cependant savoir que celle-ci souhaite conserver Bird tout en trouvant des solutions pour les courses où il sera absent.

Pour Alex Lynn, il est fort possible que ce soit un avenir en Formule E qui se dérobe. L'Anglais est pilote d'usine Aston Martin en WEC depuis le début de la Super Saison, mais n'est arrivé chez Jaguar Racing en FE qu'il y a deux mois, pour pallier le départ de Nelson Piquet Jr. Son avenir dans le championnat tout électrique n'est, dans tous les cas, pas assuré.

"Je suis dans une situation différente car je suis fermement en WEC et je fais l'intérim en Formule E", nous confirme l'intéressé. "Nous en discuterons plus tard quand cela deviendra pertinent." Directeur de l'écurie Jaguar, James Barclay a déclaré lors de la conférence de presse de l'E-Prix de Suisse qu'une décision sur l'avenir de Lynn serait prise "en temps voulu" et a félicité son pilote pour ses performances récentes.

Enfin, Stoffel Vandoorne a beau être en pole position pour obtenir un baquet chez Mercedes (actuellement HWA) en Formule E, il vient en parallèle de faire des débuts flamboyants en WEC chez SMP Racing, avec deux podiums en autant de courses à Spa-Francorchamps et au Mans. Une source chez SMP nous indique que seules les courses de huit heures requerront un trio de pilotes pour chaque prototype, ce qui signifie que l'équipe russe devra remplacer Vandoorne à Bahreïn et à Sebring s'il souhaite disputer la saison 2019-20 de WEC.

Qu'en dit la Formule E ?

InsideEVs a interrogé Alberto Longo, PDG adjoint de la Formule E, sur le fait que des pilotes voient leurs programmes compromis par le calendrier, et sa réponse est sans concession : "À un moment, il faudra qu'ils prennent une décision. Je sais que la Formule E est suffisamment grande à ce jour pour qu'ils prennent la décision d'être dans un championnat ou dans l'autre."

"S'ils veulent faire les deux, ce qui est complètement respectueux et que j'apprécie plus ou moins, il faut qu'ils décident [quoi faire] s'il y a un conflit de date. J'imagine que ce n'est même pas à eux de décider, ce sont leurs écuries dans les deux championnats et leurs contrats avec ces deux écuries qui décideront dans quel championnat ils courront ces week-ends-là."

Avec Tom Errington et Alex Kalinauckas