"C'est le problème avec les journalistes..."

La campagne 2018-19 de Formule E n'a pas été à la hauteur des attentes de José María López, c'est le moins que l'on puisse dire. Le groupe propulseur Penske a montré ses limites et López n'a marqué que trois petits points depuis le début de la saison, contre 65 lors de sa première année chez Virgin puis 14 en 2017-18, déjà avec Dragon. C'est également moins que son inexpérimenté coéquipier Maximilian Günther, qui a dix unités à son actif malgré le fait de n'avoir disputé que sept E-Prix.

La situation est telle qu'une rumeur courait : l'Argentin jetterait l'éponge à trois courses du terme de la saison, celle de Berne et la double manche de New York. Il aurait ainsi déclaré à la chaîne d'Amérique latine de FOX Sports, relayé par eRacing Magazine : "Selon le règlement, une équipe ne peut pas changer de pilotes dans les trois dernières courses ; nous discuterons donc avec l'équipe pour voir si elle veut en changer maintenant. Dans ce cas, céder ma place ne me pose pas de problème. Si je reste, nous essaierons de finir la saison au meilleur niveau possible. Puis je devrai prendre une décision pour la saison prochaine, mais je l'ai déjà prise dans mon esprit."

Ces commentaires, López refuse catégoriquement les avoir tenus, s'exprimant auprès d'InsideEVs : "Je ne me suis pas plaint tant que ça. J'ai seulement dit qu'évidemment, l'équipe et moi en voulions davantage. Nous ne sommes pas là pour finir dixième ou tenter d'entrer dans les points. Nous essayons tous d'accomplir de bonnes choses."

"Cette année a été frustrante pour moi et pour l'équipe, car nous avions le potentiel pour faire de très bonnes courses mais n'y sommes pas parvenus pour une raison ou pour une autre. Il en reste trois à disputer ; je veux finir le championnat et essayer de réaliser la meilleure performance possible. Quand le moment viendra pour l'équipe et moi de voir ce qui est le mieux pour nous [à l'avenir], on verra."

Lorsque nous mentionnons l'interprétation différente qui a été faite de ses propos quant à son avenir à court terme, il rétorque : "C'est le problème avec les journalistes : ils sortent les choses de leur contexte, mais je n'ai jamais dit ça."

Après avoir évolué régulièrement aux avant-postes lors des deux premières saisons de Formule E – d'abord avec le groupe propulseur monotype Spark puis celui de Venturi –, Dragon est en difficulté depuis le début du partenariat avec Penske, avec un seul podium à se mettre sous la dent lors des trois dernières saisons en date. D'autant que dans le même temps, les grands constructeurs affluent dans le championnat tout électrique.

"La Formule E, c'est dur", souligne López. "De nos jours, nous sommes les seuls privés, la seule équipe à développer son propre groupe propulseur. Avec les grandes marques qui arrivent, c'est de plus en plus dur, c'est logique. La Formule E a néanmoins quelque chose de différent des autres championnats : si l'on fait les qualifications parfaites, on peut quand même faire accomplir quelque chose. Bien sûr, nous voulons progresser et nous battre davantage, mais c'est forcément plus dur."

Dixième au championnat des constructeurs, Dragon n'a pas non plus bénéficié de l'incertitude quant au second baquet au fil de cette saison. Maximilian Günther a été contraint de s'effacer au profit de Felipe Nasr au bout de trois courses avant de récupérer son baquet trois E-Prix plus tard sans jamais savoir si l'aventure allait se prolonger pour la manche suivante, confirmé au cas par cas depuis Rome. "Bien sûr, être incertain quant à l'avenir crée un manque de stabilité, ce n'est pas idéal", reconnaît López quant à ses partenaires. "Personnellement, je fais mon travail course après course, et si cela ne suffit pas, cela ne suffit pas." Avec un brin de défaitisme dans la voix.