Lucas di Grassi critique sans détour le programme de l'E-Prix de Berlin.

Pour cause de finale de la Coupe d'Allemagne de football dans la capitale demain, le programme de l'E-Prix de Berlin a été bouleversé. D'habitude, toutes les séances ont lieu le même jour ; cette fois, les essais libres ont été décalés au vendredi, tandis que les qualifications lanceront la journée de samedi dès 8h45.

Voilà qui ne manque pas d'inquiéter les leaders du championnat, car dans l'exercice du tour lancé, c'est toujours le top 5 qui prend la piste en premier et subit les conditions les moins favorables en raison d'un manque d'adhérence. La situation devrait être encore pire en Allemagne, 14h15 séparant la fin des EL2 du début des qualifications ; de plus, à un tel horaire, la température devrait également jouer un rôle en augmentant rapidement pour les groupes suivants.

"C'est un grand désordre, car la piste ne sera pas utilisée des EL2 aux qualifications. Il est clair que le Groupe 1 sera sévèrement impacté par les conditions de piste", déclare pour InsideEVs Lucas di Grassi, cinquième au classement général, qui fait partie de ce groupe aux côtés de Jean-Éric Vergne, André Lotterer, Robin Frijns et António Félix da Costa.

"En fait, j'ai personnellement demandé aux organisateurs si nous pourrions faire un warm-up de cinq ou dix minutes. Juste pour s'assurer que tout fonctionne et nettoyer un peu la piste avant les qualifications. Mais ils ont dit : 'Non, les écuries se sont mises d'accord pour qu'il n'y en ait pas'."

La piste de l'aéroport de Tempelhof est cependant très large et assez vorace en énergie, compte tenu du faible nombre de virages (dix). Di Grassi estime donc que surmonter un départ en fond de grille sera possible : "Même si l'on se qualifie mal, on peut dépasser, il y a beaucoup d'endroits où c'est possible. Par ailleurs, l'efficience est cruciale en course – il faut économiser beaucoup d'énergie – donc ce sera stratégique."

Robin Frijns, qui a remporté sa première victoire en Formule E à Paris, ne démontre pas davantage d'optimisme quant aux qualifications à notre micro : "Ça ne me pose pas de problème de faire les qualifications à 8h40 (sic), mais c'est nous qui allons nettoyer la piste. Et nous aurons probablement la position la plus désavantageuse. Parce qu'au fil des groupes 2, 3 et 4, la piste s'améliore constamment. Et la température monte immédiatement parce qu'il fait très froid le matin. Je m'attends donc à ce que nous soyons en difficulté en qualifications."

Jean-Éric Vergne, en revanche, fait preuve de philosophie lorsque nous l'interrogeons à ce sujet. "J'aime ça ! J'adore que la Formule E fasse ça, cela repousse les limites des pilotes en permanence avec les circuits où nous nous rendons, le programme que nous avons, le genre de difficultés que nous devons surmonter", conclut le Francilien.

Propos recueillis par Alex Kalinauckas