Cela lui a peut-être coûté la victoire aux Invalides...

Leader de l'E-Prix de Paris pendant les dix premiers tours, Sébastien Buemi avait de belles chances de remporter sa première victoire en Formule E depuis 2017 aux Invalides, mais il en a été autrement.

Buemi subissait la pression de Robin Frijns, qui bénéficiait du mode attaque, et a donc tenté de l'utiliser à son tour ; la zone d'activation se trouvait toutefois à l'intérieur, à la sortie du virage 9, et le pilote Nissan e.dams a dû ralentir pour prendre cette trajectoire. Il a alors été accroché par la Virgin, subissant une crevaison lente qui lui a coûté la victoire et même les points. Or, ce n'est pas la première fois que la zone d'activation est positionnée de cette manière.

"Je ne comprends pas l'attack mode à l'intérieur d'un virage comme [à Paris]", déplore Buemi pour InsideEVs. "Forcément, le gars devant doit ralentir pour atteindre la zone. Mais pourquoi continuons-nous à la mettre à l'intérieur ? Pourquoi ? La mettre à l'intérieur signifie que je dois ralentir davantage que le gars derrière car je dois m'écarter de la trajectoire idéale. Donc que dois-je faire ? Dire : 'Non, l'autre est trop près de moi, je ne peux pas l'activer' ? Ou mettre mon clignotant ?"

"À Santiago, c'était à l'extérieur. Donc quand on le prend, il y a clairement un gars qui va [à l'extérieur] et l'autre qui va [à l'intérieur]. Ça va. Le problème [à Paris] c'est comme Mexico dans le stadium, à l'intérieur. [Jean-Éric Vergne] s'est fait pousser par derrière là-bas parce qu'il avait besoin de continuer à tourner pour l'activer et le gars derrière ne s'y attendait pas. Il n'a donc pas ralenti et l'a percuté. À Hong Kong, c'était aussi à l'intérieur, mais parce que c'était très lent et très tôt, ce n'était pas un si gros problème."

"À Sanya, c'était bien, à l'extérieur. Le gars qui le prend freine plus tard et ne crée pas d'accident. Bien sûr, si le gars de derrière ne laisse pas de marge [avec la voiture de devant] – et il ne va pas en laisser parce que l'aileron avant est très solide – il sait que dans le pire des cas, il va y avoir un petit contact. Mais pour le gars de devant, ça se finit en crevaison, comme avec Sam [Bird] et André [Lotterer, à Hong Kong]."

Lorsque nous lui demandons s'il a déjà soulevé le problème lors du briefing des pilotes en Formule E, Buemi répond : "J'en ai déjà parlé trois fois, mais ils s'en moquent, ils n'écoutent pas."

Pour l'E-Prix de Monaco ce samedi, la zone d'activation du mode attaque se trouvera dans la ligne droite menant au Bureau de Tabac, et la perte de temps devrait donc être minime.

Propos recueillis par Alex Kalinauckas