Le meilleur reste à venir !

Pour NIO, le titre de Nelson Piquet Jr lors de la saison inaugurale de Formule E paraît bien loin. Depuis que les constructeurs peuvent développer leurs propres groupes propulseurs électriques, l'écurie chinoise n'a signé qu'un podium en 42 courses et n'a jamais été si mal placée dans la hiérarchie qu'elle ne l'est en 2018-19.

Lanterne rouge au championnat avec seulement six points au compteur, NIO n'est jamais entré dans le top 8 en qualifications cette saison quand les dix autres écuries se sont toutes classées dans le top 4 au moins une fois. Et comme l'explique Tom Dillmann à InsideEVs, ce manque de performance sera difficile à combler à court terme.

"Comme on le sait, les voitures ont été homologuées en août 2018", souligne le pilote français. "Il y a des choses que l'on aimerait changer, mais on ne peut pas. On va se traîner ça toute la saison. Malgré tout, on essaie d'optimiser chaque course."

"Ce que l'on n'a pas le droit de changer, c'est le hardware. C’est là-dessus qu'on a sûrement un petit déficit par rapport aux autres. Le software, on continue à le développer. Là-dessus, on peut quand même améliorer cette année des choses que l'on conservera pour la saison 6. On ne lâche rien."

En attendant, c'est dans l'ombre qu'évolue Tom Dillmann, seul pilote à avoir disputé toutes les courses sans marquer le moindre point cette saison. La performance pure est pourtant au rendez-vous par rapport à son expérimenté coéquipier Oliver Turvey, Dillmann ayant pris l'avantage trois fois sur les quatre derniers E-Prix en qualifications.

"Oliver est quand même bien coté en FE, il était très fort en qualifs sur les deux dernières saisons", rappelle l'Alsacien. "C'est une bonne référence. Je me montre bien par rapport à lui. Il est dans l'équipe depuis la fin de la saison 1, il a une bonne relation avec les ingénieurs. Ça se construit, petit à petit. C'est sûr que quand tu te bats pour la 15e place, personne ne te voit. C'est un peu frustrant."

NIO a notamment été handicapé par le fait que ses 15 jours d'essais de développement pour la Gen2, l'été dernier, ont été menés par des pilotes divers et variés qui espéraient obtenir le second baquet aux côtés de Turvey. "C'est sûr que ça n'a pas aidé", confirme Dillmann. "Vu que c'est la première année de la Gen2, les essais étaient encore plus importants qu'en saison 3 ou 4, où l'on était vraiment au bout du bout de la performance sur ces Gen1 – il n'y avait plus grand-chose à trouver en efficacité."

"Là, avec la Gen2, il y a une nouvelle donne, des écarts qui se créent entre les équipes. Les essais étaient très importants. Le team a dû changer un des deux pilotes ; par conséquent, pas mal d'essais étaient consacrés à tester les pilotes plutôt qu'à développer la voiture. C'est sûr que ça a coûté un petit peu. Les pilotes essaient surtout de battre les autres et pas forcément de tester plein de choses un peu folles sur la voiture en développement. Mais ils savaient que ça allait être un peu pénalisant. C'est comme ça. Normalement, ça ne va pas être comme ça cette année."

Grâce à la stabilité attendue du côté du line-up – Dillmann a signé pour deux ans – la situation devrait effectivement s'avérer plus favorable en vue de la saison 2019-20 : "On va bien pouvoir bosser tous les deux et faire progresser la chose. Je pense déjà qu'il y a une amélioration, d'après les infos qu'on a. On a hâte de tester ça." NIO devrait mener ses premiers essais privés ce mois-ci.