Le pilote le plus victorieux de l'Histoire de la Formule E abandonne tout espoir de nouveau titre en 2018-19.

Quand Sébastien Buemi retrouvera-t-il le chemin du podium ? L'homme aux 12 victoires en Formule E reste sur une étonnante série de 24 départs sans succès et n'a toujours pas fini une course dans le top 4 cette saison. Pourtant, Buemi est statistiquement le meilleur pilote de la grille en qualifications depuis le début de la campagne 2018-19, en témoignent sept top 6 en huit E-Prix dans cet exercice... qui ne se sont pas concrétisés en course, pour diverses raisons.

À Paris, le pilote Nissan e.dams avait de nouveau une belle opportunité de briller en s'élançant de la première ligne aux côtés de son coéquipier Oliver Rowland, d'autant qu'il a rapidement pris la tête lorsque l'Anglais est parti à la faute en début d'épreuve. Mais Buemi a ensuite subi la pression de son dauphin Robin Frijns, en particulier lorsque celui-ci a utilisé le mode attaque, et lorsque le Suisse a voulu faire de même, une incompréhension a provoqué un contact entre les deux monoplaces.

"Je me fais toucher à l'arrière en voulant activer l'attack mode, et ça m'a arraché la valve du pneu", explique Buemi pour Motorsport.com, jugeant Frijns majoritairement responsable de l'incident mais ne souhaitant pas rejeter la faute sur lui pour autant. "J'ai perdu l'air du pneu. C'était une crevaison lente ; je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. Ça devenait de plus en plus dur à conduire, jusqu'à ce que je doive m'arrêter parce qu'il n'y avait plus d'air du tout dans le pneu."

La déception est d'autant plus amère qu'à l'instar de son coéquipier Rowland, le Champion 2015-16 a affiché un excellent rythme par la suite : "Sous la pluie, il [le rythme, ndlr] était presque mieux que sur le sec. Mais avec l'attack mode, c'est normal que [Frijns] était un petit peu plus vite à ce moment-là. Malheureusement... voilà, quoi."

Regrets également chez Nissan e.dams, qui est particulièrement compétitif sur une majorité de circuits depuis le début de la saison mais n'a toujours pas concrétisé par la victoire. "Nous sommes terriblement frustrés", reconnaît le team manager François Sicard à notre micro. "Quand on monopolise la première ligne à ce niveau – pour la première fois chez Nissan – il y a beaucoup d'attentes. Et nous savons que nous avons le rythme, nous avons deux bons pilotes. Nous sommes donc extrêmement déçus. Mais ce sont les montagnes russes du sport automobile. Nous devons l'accepter et aller de l'avant."

En attendant, Buemi se retrouve 13e du classement général à 51 longueurs du leader Robin Frijns, avec seulement cinq courses pour refaire son retard. "À mon avis, le championnat, c'est mort", lâche-t-il sans l'ombre d'une hésitation. "Mais je continuerai de pousser jusqu'à la fin. Avec une victoire aujourd'hui, c'était différent, mais là, ça va être difficile."

Avec Alex Kalinauckas