Benjamin Griveaux dénonce une "aberration écologique".

B.V., Paris - Candidat à l'investiture de La République En Marche pour l'élection municipale 2020 à Paris, Benjamin Griveaux n'est manifestement pas amateur de sport automobile. La quatrième édition de l'E-Prix de Paris, épreuve du championnat de Formule E, a lieu ce samedi sur le Circuit des Invalides, mais n'emporte pas l'adhésion de l'ancien porte-parole du gouvernement, loin de là.

"Ce samedi se tient le Prix de Formule E : des voitures de Formule 1 (sic) vont rouler à plus de 200 km/h dans les rues de Paris, et en particulier dans le septième arrondissement", déclare Griveaux, qui s'est étonnamment plaint des "tonitruants moteurs" de FE, au micro de BFM.

"Pour cela, on a déversé 9000 m3 de goudron pour quelques heures de course. Goudron qu'on enlèvera le soir-même. C'est une aberration écologique." Le chiffre est en réalité de 7080 m² (plus de dix fois moins, pour une épaisseur d'une dizaine de centimètres), et l'intégralité de l'enrobé est recyclée après la course ; de plus, pour compenser les perturbations, la Formule E comble gratuitement les nids de poule situés dans ce quartier.

Griveaux dénonce également auprès du Parisien l'aspect qu'il juge élitiste de la Formule E : "On privatise un endroit emblématique de Paris pour le plaisir de quelques-uns, entre gens de bonne compagnie. La Ville organise de manière volontaire le blocage d’un arrondissement au moment où il y a des chantiers partout. Ça ajoute du désordre au désordre."

Il ajoute : "Les places sont très chères [55€ pour un adulte, 27,50€ pour les 16-24 ans et les +60 ans, en ce qui concerne les places en tribunes ; le reste est gratuit, ndlr]. Elles sont offertes aux habitants du septième [arrondissement], certes, mais cela compense des nuisances énormes."

"N'y a t-il pas suffisamment d'embouteillages dans Paris ? On privatise l'esplanade des Invalides, on ferme des stations de métro, on rend l'accès à des musées difficiles." Les stations Invalides, Varenne et Tour Maubourg sont ne sont effectivement pas desservies ce samedi en raison de la course.

Ainsi Griveaux compte-t-il prendre une mesure drastique s'il est élu maire de la capitale l'année prochaine, alors que l'accord liant Paris à la Formule E vient d'être prolongé jusqu'en 2022 : "Si les Parisiens me font confiance, je dénoncerai le contrat. Cet événement ne rapporte rien à Paris et il ne convertit personne à la voiture électrique. Chez les constructeurs qui sponsorisent la course, la première voiture entrée de gamme coûte 40'000€." Une affirmation erronée en ce qui concerne plusieurs marques engagées en FE, par exemple Mahindra, dont le modèle le moins onéreux est commercialisé aux alentours de 6'000€.

"Il y a une autre manière de [promouvoir les véhicules électriques] : remettre en marche l'Autolib. Cela coûterait moins cher et ce serait utile aux Parisiens." Ce service d'autopartage de voitures électriques avait été mis en place dans la capitale du 5 décembre 2011 au 31 juillet 2018, mais s'était avéré déficitaire.