Des débuts flamboyants dans le championnat tout électrique.

Les rookies sont-ils en train de prendre le pouvoir en Formule E ? Ce sont en tout cas trois débutants qui ont signé la pole position lors des derniers E-Prix en date : Pascal Wehrlein à Mexico, Stoffel Vandoorne à Hong Kong et Oliver Rowland à Sanya, même si aucun d'entre eux n'est parvenu à s'imposer en course... pour l'instant.

Les performances de Rowland ont été particulièrement remarquées, le pilote Nissan e.dams n'ayant effectué qu'une journée d'essais au volant de la Gen2 avant le début de la saison 2018-19, qui plus est perturbée par la pluie, à Valence. Car c'est son compatriote Alexander Albon qui était censé courir pour la structure sarthoise, avant de finalement rejoindre Toro Rosso en Formule 1.

Après trois premières courses d'apprentissage, Rowland a constamment évolué aux avant-postes. À Mexico, il tenait la troisième place à l'entame du dernier tour avant d'être victime d'un mauvais calcul de gestion d'énergie par son équipe ; à Hong Kong, heurté par Sam Bird alors qu'il était leader, il a involontairement activé le mode Full Course Yellow de sa monoplace ; également leader à Sanya grâce à sa pole, il a été vaincu par Jean-Éric Vergne – auteur d'un dépassement autoritaire pour la victoire – mais a quand même accroché la deuxième place.

"À vrai dire, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit rapide si tôt dans la saison", confie François Sicard, team manager de Nissan e.dams, pour InsideEVs. "Il n'était pas impliqué dans les essais de développement. Il a commencé les essais collectifs le dernier jour, et il pleuvait. Il a donc dû apprendre la voiture lors des journées de course, ce qui n'est pas la meilleure façon d'apprendre à manier ce type de voiture, surtout avec la nouvelle génération qui est bien plus difficile à piloter."

"Je suis donc vraiment impressionné par le travail qu'il accomplit, et il a un coéquipier vraiment compétitif qui est actuellement une référence pour chacun dans le championnat. Ils s'entendent très bien, Seb [Buemi] l'aide et n'a pas hésité à lui donner des astuces. Oliver a appris très vite. Nous sommes très contents, nous avons un très bon duo de pilotes."

Rowland ne s'y attendait pas du tout

Quant à Rowland, s'attendait-il à un tel succès ? "C'est difficile à dire", nous répond-il. "J'aurais aimé y croire, mais je ne m'y attendais pas du tout. J'espérais pouvoir impressionner dès mes débuts, mais c'est un peu comme en formules de promotion, il faut toujours choisir la bonne équipe et être en bonne position."

"Par exemple, Stoffel [Vandoorne] était dans des voitures capables de gagner à certains stades de sa carrière, puis il est venu ici [chez HWA] et il est clair qu'ils ont un peu de travail à faire. Cela montre juste que l'on peut assez facilement choisir la mauvaise équipe et échouer à faire carrière en sport automobile."

"Bien sûr, tout le monde sait que [Nissan e.dams] est très compétent. J'ai beaucoup de chance, je suis dans une bonne équipe. C'est bien d'être dans une équipe où je peux montrer mon talent."

Grâce à son résultat chinois, Rowland devance désormais son expérimenté coéquipier Sébastien Buemi au championnat, avec 27 points à 19. Une absence de résultats qui provoque une frustration grandissante pour le Champion 2015-16, conscient du potentiel de sa monture sans être parvenu à le concrétiser jusqu'à présent.

"À chaque fois je vous dis la même chose", rappelle Buemi à notre micro – à savoir qu'il n'a pas pu convertir sa compétitivité en résultat : "À chaque fois, je vous dis que je suis rapide et que je vais concrétiser". Le Suisse entrera-t-il dans le top 5 pour la première fois de la saison à Rome, ce week-end ?

Propos recueillis par Alex Kalinauckas