Une future alternative très intéressante !

Bien qu'il soit déjà prévu qu'il s'impose de lui-même dans les prochaines décennies, sinon les prochaines années, le marché de l'automobile électrique peine pour le moment à décoller, malgré des ventes en hausse ces dernières années. Outre la prudence des automobilistes à se lancer, notamment à cause du manque d'infrastructures dans l'Hexagone pour le moment, le prix des voitures électriques neuves est évidemment un frein.

En effet, s'il est en baisse, il est encore difficile de trouver des voitures neuves à des prix rivalisant avec les budgets des équivalents thermiques des segments concernés. Quant au marché de l'occasion, il est encore assez faiblement développé et il est parfois difficile pour les volontaires à franchir le pas de trouver chaussure à leur pied, en termes de budget, de kilométrage, d'options, ou encore d'état du véhicule à la vente.

C'est là que pourrait arriver l'une des solutions alternatives, qui pourrait être idéale : celle du retrofit. Une transformation mécanique encore interdite en France, qui permet tout simplement de transformer n'importe quelle voiture à moteur thermique en un véhicule 'zéro émission', pour un prix bien inférieur à l'acquisition d'un véhicule électrique neuf.

Le retrofit, comment ça fonctionne ?

Littéralement, 'retrofit' veut dire rénover ou réajuster en anglais ; les deux termes s'appliquent parfaitement à ce qu'est le retrofit dans le secteur automobile, puisqu'il permet d'adapter des voitures qui peuvent être en phase difficile face à la loi pour des raisons de pollution, ou en situation difficile à cause d'un manque de fiabilité récurrent. 

Le principe du retrofit est simple, il s'agit de retirer intégralement le moteur thermique et toutes les pièces qui sont liées, ainsi que les fluides, et remplacer le tout par un moteur électrique et un pack de batteries, permettant à n'importe quelle voiture de devenir électrique. Encore impossible à homologuer en France, la pratique est peu développée mais la filière est en plein essor.

À qui s'adresse-t-il ?

Pour ainsi dire, le retrofit s'adresse à tout le monde, à condition d'avoir les infrastructures nécessaires, ce qui sera de moins en moins un problème dans l'Hexagone. Le cœur du cible du retrofit est évidemment la personne habitant en ville, et donc dans les zones à faibles émissions. Celles-ci n'accueilleront bientôt plus de voitures autres que celles répondant aux normes des vignettes Crit'Air 1 et Crit'Air 0, ce qui posera forcément problème pour faire circuler une voiture n'étant pas récente.

Bien sûr, le retrofit peut aussi être adapté pour les personnes voulant faire basculer leur voiture de collection dans le 21e siècle, ou encore adapter un véhicule qui peut sembler désuet sur le plan écologique aux mobilités d'aujourd'hui. C'est notamment ce qu'a fait Arnold Schwarzenegger en convertissant son Hummer à l'électrique, tandis qu'on le voit de plus en plus dans des modèles développés en petites séries.

Pourquoi c'était interdit ?

Soyons précis : le retrofit n'est pas interdit en France. En revanche, il est légalement impossible de rouler sans homologation. Or, pour obtenir une homologation, la loi oblige aujourd'hui à passer toute une série d'épreuves auprès de la DREAL (Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement), dont un crash-test, ce qui ferme évidemment la porte à la conversion d'un véhicule en particulier, s'il n'est pas produit en série. 

Si un véhicule n'est pas validé par la DREAL, il est aujourd'hui interdit à la circulation en France, ce qui empêche la délivrance d'une carte grise et donc d'une assurance. La raison à cela est de permettre aux constructeurs d'être les seuls garants de la sécurité des automobilistes en évitant des modifications qui ne seraient pas approuvées par les marques.

Comment les choses ont changé ?

La Loi d'Orientation des Mobilités qui sera votée en décembre et devrait donc, selon toute logique, passer au Journal Officiel en janvier 2020, va justement permettre une modification de ces critères, dans le but précis de permettre une homologation des véhicules convertis à l'électrique en assouplissant la loi du 19 juillet 1954, qui obligeait justement le fameux passage aux mines, c'est-à-dire la réception d'une voiture par un ingénieur des mines, permettant d'établir les procès-verbaux d'essais d'un laboratoire reconnu et les fiches de communication de l'Union européenne au sujet des normes dudit véhicule.

La prochaine étape est donc la confirmation de cet assouplissement, qui pourrait ensuite permettre un véritable lancement du processus, de différentes manières, puisque de nombreuses start-up sont impliquées dans ce qui est aujourd'hui une véritable solution à l'électrification, et notamment dans les villes, où la réflexion deviendra une obligation pour de nombreux automobilistes dès l'horizon 2022.

Faire valoir les droits du retrofit

L'année 2020 devrait donc marquer l'essor de ce marché, et ce grâce à l'association AIRe (Acteurs de l'Industrie du Retrofit électrique), qui comprend une dizaine de start-up s'étant associées pour faire valoir les droits de cette solution dans les mobilités de demain. Comme la voiture électrique neuve, le retrofit est en effet une solution qui permet une transition vers des mobilités plus propres, et l'AIRe milite justement pour que cette technique soit reconnue comme une solution d'avenir.

L'objectif de l'association est à moyen terme de faire valider au gouvernement des aides pour les automobilistes désireux de tenter le retrofit de leur véhicule, à hauteur des primes offertes pour l'achat d'un véhicule neuf. Cela permettra surtout de marquer une différence nette entre le prix d'achat d'un véhicule électrique neuf et la conversion d'une voiture plus ancienne. 

Les tarifs du retrofit, maintenant et après

Pour l'instant, le retrofit est surtout pratiqué sur d'anciennes voitures, ce qui implique de nombreuses manipulations, et le fait que ce soit fait à l'unité engendre inévitablement des coûts démesurés. Pour le moment, les prix d'entrée se situent aux alentours des 10'000 euros et peuvent aller jusqu'à 30'000 euros. Plus généralement, le tarif moyen se situe entre 15'000 et 20'000 euros. Et actuellement, l'objectif des conversions est souvent d'ajouter de la valeur à des voitures de collection, à l'image de la Porsche 911 Quintessenza, ou de la Ford Mustang repensée par Charge Cars, qui sont de véritables transformations.

Il y a toutefois deux mots d'ordre qui permettront au retrofit de devenir rapidement incontournable : industrialisation et subventions. La première est la solution envisagée par plusieurs start-up dont Transition-One, dont le fondateur Aymeric Libeau a déclaré à InsideEVs.fr que celle-ci permettrait de descendre le coût du retrofit à 5000 euros à l'avenir (interview à retrouver très prochainement. Quant aux subenvtions, comme dit plus haut, c'est le cheval de bataille de l'association AIRe, ce qui permettrait rapidement de diminuer presque de moitié le coût total d'un retrofit sur un ancien véhicule.

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